Chambre gothique vide, fleurs violettes et première lumière du matin : illustration symbolique originale
Illustration éditoriale originale générée par IA pour GTLF ; elle ne reproduit pas une scène ni un photogramme de Nosferatu.

Nosferatu (2024) : pourquoi Ellen se sacrifie-t-elle à la fin ?

À la fin de Nosferatu (2024), Ellen retient volontairement le comte Orlok auprès d’elle jusqu’au lever du soleil. La lumière détruit le vampire, mais Ellen meurt également. Son sacrifice met fin à la menace d’Orlok : Thomas ne parvient pas à la sauver. La dernière image associe ainsi une victoire contre le monstre à une perte irréparable.

Illustration éditoriale originale générée par IA pour GTLF ; elle ne reproduit pas une scène ni un photogramme de Nosferatu.

Œuvre

Nosferatu (2024)

Réalisation

Robert Eggers

Ellen Hutter

Meurt après son sacrifice

Comte Orlok

Détruit par le soleil

Spoilers

Attention, spoilers : cet article révèle le dénouement de Nosferatu, le film de Robert Eggers sorti en 2024, avec Lily-Rose Depp et Bill Skarsgård.

Que fait Ellen pour tuer Orlok ?

La solution consiste à empêcher le vampire de regagner son refuge avant l’aube. Ellen l’attire dans sa chambre et le laisse boire son sang. Orlok, absorbé par elle, reste jusqu’au jour. C’est cette exposition au soleil qui provoque sa mort.

L’explication ne repose donc pas sur un combat que Thomas aurait finalement remporté ailleurs. La confrontation déterminante a lieu auprès d’Ellen. Le professeur von Franz connaît le rôle qu’elle doit jouer ; Thomas, lui, n’est pas associé à ce choix et ne peut l’empêcher à temps.

Ce mécanisme donne au dénouement sa cruauté : ce qui attire Orlok vers Ellen devient aussi ce qui permet de le retenir. Elle utilise le lien qui l’emprisonne pour prendre le dessus au seul moment où il peut être vulnérable. C’est une lecture de la construction dramatique ; le fait narratif vérifiable demeure sa présence auprès du vampire jusqu’au soleil.

Pourquoi Thomas ne sauve-t-il pas sa femme ?

Thomas part avec von Franz et le docteur Sievers vers le refuge du comte. L’expédition l’éloigne d’Ellen pendant qu’elle prépare l’issue décisive. Lorsqu’il comprend la situation et revient, le sacrifice est déjà engagé. Le dénouement le laisse vivant, confronté à la mort de celle qu’il voulait protéger.

Cette différence entre protéger une personne et comprendre ce qu’elle affronte est essentielle. Thomas tient à Ellen, mais son amour ne lui donne pas la maîtrise de la menace surnaturelle. L’attente d’un sauvetage conjugal se heurte à une action accomplie par Ellen elle-même.

On peut y lire un renversement du rôle du héros : celui qui entreprend le voyage et affronte le danger ne résout pas l’histoire. La personne autour de laquelle s’organisent les tentatives de secours accomplit le geste déterminant. Cela n’annule ni les efforts de Thomas ni son deuil.

Ellen choisit-elle Orlok plutôt que Thomas ?

Réduire la fin à un choix amoureux entre deux hommes ferait disparaître la menace qui pèse sur elle. Orlok apporte la mort et exerce une emprise. Le rapprochement final a un objectif précis : le maintenir jusqu’à l’aube. L’intimité de la scène ne transforme pas sa disparition en mariage heureux avec le vampire.

Le début du récit éclaire néanmoins cette relation. Plus jeune, Ellen appelle une présence capable de répondre à sa solitude ; c’est Orlok qui se manifeste. Robert Eggers explique dans son entretien à TIME que le personnage possède une sensibilité incomprise par son entourage, à laquelle le vampire accède. Ce lien mêle attirance, honte et terreur, sans rendre le comte bienveillant.

Notre interprétation est que la fin oppose deux façons d’être liée à quelqu’un : subir une présence qui exige tout, ou agir en sachant ce qu’elle coûtera. Ce choix reste tragiquement contraint. Reconnaître une initiative à Ellen ne signifie pas que les circonstances lui offrent une liberté heureuse, ni qu’elle mérite les violences subies.

Que signifie la dernière image avec les fleurs ?

Le film s’achève sur les corps d’Ellen et d’Orlok, parmi des fleurs violettes. La présence matérielle du cadavre du vampire compte : il ne faut pas lui substituer automatiquement la disparition en fumée du film de Murnau de 1922.

Robert Eggers rattache explicitement la composition finale au motif artistique de La Jeune Fille et la Mort dans son entretien avec SYFY. Il précise qu’il ne reproduit pas un tableau particulier. Attribuer ce plan à une peinture unique dépasserait donc ce qu’il affirme.

Cette référence permet une lecture du contraste entre la douceur des fleurs, la jeunesse d’Ellen et le corps décomposé qui la recouvre. La beauté de l’image n’efface pas l’horreur de ce qui vient d’arriver. Elle rassemble dans un même cadre la personne qui sauve et la créature vaincue, sans offrir la distance rassurante d’un simple monstre disparu.

La fin est-elle heureuse ou tragique ?

Le résultat est clair sur le plan de l’action : Orlok est détruit et Ellen ne survit pas. L’ambivalence concerne le sens de cette victoire. Pour les autres, elle représente la possibilité de sortir de la menace ; pour Thomas, elle est inséparable d’un deuil.

Lily-Rose Depp décrit elle-même à SYFY une fin à la fois tragique et porteuse de puissance pour son personnage. Il s’agit du regard de l’interprète sur le rôle, pas d’une preuve qu’Ellen aurait secrètement obtenu une existence heureuse après sa mort.

On peut ainsi distinguer la résolution du danger et la réparation des personnages. La première survient ; la seconde n’est pas offerte au couple. Le soleil clôt l’emprise du comte, mais il ne rend pas à Thomas la vie qu’il espérait partager avec Ellen.

Ce qu'il faut retenir du dénouement

Le sacrifice d’Ellen et la mort d’Orlok sont des événements du récit, confirmés par les sources consacrées à la fin. L’interprétation reste ouverte sur la portée de ce sacrifice : reprise de pouvoir, issue imposée par l’emprise, ou coexistence de ces deux lectures. Aucune de ces nuances ne change le mécanisme décisif : Ellen retient Orlok jusqu’au jour et en paie le prix de sa vie.

Retrouvez également nos analyses de films et nos guides dans la rubrique Streaming et Divertissement de GTLF.

Avatar Laura Jung

L’autrice

Laura Jung

Rédactrice en chef de GTLF, Laura Jung couvre les tendances culturelles, le lifestyle, la maison, la technologie et les usages numériques, avec une attention particulière portée à la clarté des informations et des sources.

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Sources

Cette explication s'appuie sur les sources et entretiens indiqués ci-dessous. Elle ne constitue pas le compte rendu d'un nouveau visionnage intégral.

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