Article publié le samedi 20 juin 2026 à 10h30, mis à jour avec les dernières données ANSES confirmant 81 départements colonisés par le moustique tigre (Aedes albopictus) au 1er janvier 2026, soit 84 % du territoire métropolitain. Sources officielles : ANSES, Santé publique France, UFC-Que Choisir.
Le moustique tigre a encore frappé. Au 1er janvier 2026, l’ANSES recense 81 départements français colonisés par l’Aedes albopictus, contre un seul en 2004 (les Alpes-Maritimes). Vingt-deux ans plus tard, l’insecte est présent dans 84 % du territoire métropolitain, et la surveillance renforcée est réactivée du 1er mai au 30 novembre 2026, comme chaque année depuis 2020. Avec le retour des chaleurs durables et des orages de saison, les piqûres diurnes explosent dans les jardins, sur les terrasses et même dans les logements. Voici l’état des lieux officiel, département par département, et les 7 méthodes éprouvées pour s’en protéger cet été — y compris la marche à suivre pour signaler sa présence à l’ANSES.
L’ESSENTIEL EN 30 SECONDES
- 81 départements colonisés au 1er janvier 2026 selon l’ANSES, soit 84 % du territoire métropolitain — contre 1 seul département en 2004 (Alpes-Maritimes).
- Île-de-France intégralement touchée : 8/8 départements colonisés, 212 communes recensées, 68 % de la population concernée.
- Surveillance renforcée active du 1er mai au 30 novembre 2026, sur l’ensemble des 81 départements.
- Trois maladies surveillées : dengue, chikungunya et zika — le moustique tigre peut transmettre ces virus après avoir piqué un voyageur infecté.
- 7 méthodes de protection validées par Santé publique France : supprimer l’eau stagnante, moustiquaires, vêtements longs clairs, répulsifs homologués, pièges à CO2, ventilation, signalement ANSES.
- Signalement citoyen ouvert à tous : portail signalement-moustique.anses.fr pour alerter en cas d’invasion.
🗺️ CARTE 2026 : 81 DÉPARTEMENTS DÉJÀ COLONISÉS
L’ANSES publie chaque début d’année la carte officielle de colonisation de l’Aedes albopictus sur le territoire national. La progression depuis 2004 est vertigineuse : on est passé d’un seul département (les Alpes-Maritimes) à 81 départements colonisés au 1er janvier 2026, soit une expansion moyenne de 3 à 4 départements supplémentaires chaque année, avec une accélération nette depuis 2018.
Concrètement, 84 % du territoire métropolitain est désormais considéré comme colonisé de façon durable par le moustique tigre. La surveillance renforcée — qui inclut le piégeage, l’identification des gîtes larvaires et la déclaration obligatoire des cas de dengue/chikungunya autochtones — est active sur ces 81 départements du 1er mai au 30 novembre 2026, période de plus forte activité du moustique (Santé publique France).
Les régions les plus touchées en 2026
Le moustique tigre a colonisé l’intégralité de l’arc méditerranéen (PACA, Occitanie, Corse), une grande partie de l’Aquitaine, du Rhône-Alpes, du Grand Est et de l’Île-de-France. Les régions encore relativement préservées restent la Bretagne intérieure, les Pays de la Loire, la Normandie rurale et certaines parties du Massif Central, mais les marges reculent chaque année.
📍 Île-de-France : 8 départements sur 8 colonisés
Selon les données consolidées par l’ARS Île-de-France au 1er janvier 2026, tous les départements franciliens sont colonisés : Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d’Oise. On recense 212 communes infestées et 68 % de la population régionale (8,3 millions d’habitants) exposée au moustique tigre. Les communes les plus touchées sont celles du Val-de-Marne, de l’Essonne et de la Seine-Saint-Denis, où les opérations de démoustication se multiplient chaque été.
🚨 POURQUOI LE MOUSTIQUE TIGRE EST-IL DANGEREUX ?
Le moustique tigre (Aedes albopictus) n’est pas seulement gênant : il est vecteur de maladies virales qui peuvent être graves chez les personnes fragiles. Contrairement au moustique commun (Culex pipiens) qui pique essentiellement le soir et la nuit, le moustique tigre pique en journée, avec un pic d’activité entre 8h et 10h le matin, puis entre 17h et 19h le soir. Il est aussi plus silencieux, plus petit (5 à 8 mm) et reconnaissable à ses rayures noires et blanches distinctives sur les pattes et le thorax.
Les 3 maladies surveillées
- La dengue : fièvre brutale, douleurs articulaires et musculaires intenses, éruptions cutanées. Formes sévères possibles (dengue hémorragique) mais rares en France métropolitaine.
- Le chikungunya : fièvre élevée, douleurs articulaires très invalidantes qui peuvent durer plusieurs mois. Plusieurs épisodes autochtones documentés dans le sud de la France depuis 2010.
- Le zika : généralement bénin, mais dangereux chez la femme enceinte (risque de microcéphalie du fœtus). Surveillance renforcée dans les départements à risque.
Le scénario redouté par les autorités sanitaires est celui de la chaîne de transmission autochtone : un voyageur revient d’une zone tropicale infecté par l’un de ces virus, se fait piquer en France par un moustique tigre local, qui transmet ensuite le virus à d’autres personnes non voyageuses. C’est exactement ce qui s’est produit à plusieurs reprises depuis 2010 dans le Var, les Alpes-Maritimes, l’Hérault et la Haute-Garonne, avec plusieurs dizaines de cas autochtones identifiés (Santé publique France).
🔍 Reconnaître le moustique tigre en 30 secondes
Contrairement au moustique commun, l’Aedes albopictus présente des rayures noires et blanches nettes sur les pattes et le thorax, une ligne blanche longitudinale sur le dos (thorax), et une taille légèrement inférieure (5-8 mm). Il vole bas et vite, et pique de préférence aux chevilles et aux jambes. Si vous voyez un moustique vous piquer en plein soleil dans votre jardin, c’est très probablement lui.
🛡️ 7 MÉTHODES ÉPROUVÉES POUR S’EN PROTÉGER CET ÉTÉ
Santé publique France, l’ANSES et les ARS recommandent une approche combinée, car aucune méthode prise isolément ne suffit à réduire durablement la pression des moustiques tigres autour du domicile. Voici les 7 réflexes qui ont fait leurs preuves sur le terrain, hiérarchisés du plus efficace au plus complémentaire.
💡 Le point-clé à retenir
Supprimer les gîtes larvaires est 10 fois plus efficace que n’importe quel répulsif chimique. Le moustique tigre pond ses œufs dans de très petits volumes d’eau stagnante (une simple soucoupe suffit), et ses larves se développent en 5 à 7 jours. Couper l’eau stagnante à la source, c’est empêcher 80 % de la population locale d’émerger.
- Supprimer l’eau stagnante : videz une fois par semaine soucoupes de pots de fleurs, vases, jeux d’enfants, seaux, brouettes, jouets de jardin. Couvrez les récupérateurs d’eau de pluie avec une moustiquaire. Rangez pneus et bâches à l’abri de la pluie. Traitez les gouttières bouchées et les regards d’évacuation.
- Installer des moustiquaires sur les fenêtres et les portes, surtout dans les chambres à coucher. Les modèles en fibre de verre ou polyester sont efficaces et peu coûteux. Vérifiez l’absence de trous et renforcez les cadres si nécessaire.
- Porter des vêtements amples et clairs : le moustique tigre est attiré par les couleurs foncées et la chaleur corporelle. Les manches longues, pantalons et chaussures fermées réduisent la surface de peau exposée, surtout en début de matinée et en fin d’après-midi.
- Appliquer des répulsifs cutanés homologués : DEET (30-50 %), icaridine (20-30 %), IR3535 (20-35 %) ou PMD (citriodiol). Appliquez sur les zones découvertes, renouvelez toutes les 4 à 6 heures, et respectez les précautions pour enfants et femmes enceintes (voir tableau ci-dessous).
- Utiliser des pièges à CO2 ou à phéromones : particulièrement efficaces en zone urbaine. Ces dispositifs attirent les moustiques tigres et les capturent avant qu’ils ne piquent. Les modèles les plus performants coûtent entre 80 € et 250 €, mais existent aussi en versions DIY moins onéreuses.
- Ventiler les pièces avec un ventilateur : le moustique tigre vole mal dans les courants d’air. Un simple ventilateur de plafond ou sur pied réduit considérablement les piqûres dans une pièce, et coûte presque rien à l’usage.
- Signaler la présence du moustique tigre sur le portail officiel signalement-moustique.anses.fr. Chaque signalement citoyen aide l’ANSES et les opérateurs de démoustication à cartographier la progression de l’espèce et à intervenir plus rapidement.
🔗 À lire aussi : Pour préparer votre été en zone à risque, découvrez notre dossier complet sur les bons gestes à adopter pendant la canicule (60 départements en vigilance orange ce week-end) et notre guide pour voyager serein malgré la chaleur et les moustiques.

🧪 LES 4 RÉPULSIFS LES PLUS EFFICACES EN 2026
L’UFC-Que Choisir a testé 37 produits répulsifs en conditions réelles en laboratoire et sur le terrain en 2025-2026. Verdict sans appel : le DEET reste la molécule de référence, devant l’icaridine et l’IR3535. Le PMD (ou citriodiol), d’origine végétale, est intéressant pour les personnes qui préfèrent les solutions naturelles mais s’avère moins durable. Voici le tableau comparatif détaillé.
| Molécule active | Concentration recommandée | Durée de protection | Précautions spécifiques |
|---|---|---|---|
| DEET | 30 % à 50 % | 6 à 8 heures (référence absolue) | Déconseillé chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 ans. Éviter le contact avec les plastiques et lunettes (dégrade certains matériaux). |
| Icaridine (KBR 3023) | 20 % à 30 % | 4 à 6 heures | Bonne tolérance cutanée. Convient aux enfants à partir de 2 ans (10-20 %). Faible odeur, n’abîme pas les plastiques. |
| IR3535 | 20 % à 35 % | 3 à 5 heures | Bien toléré, peut être utilisé chez l’enfant dès 6 mois (concentration adaptée). Efficacité inférieure au DEET et à l’icaridine, mais très bonne sécurité d’emploi. |
| PMD (citriodiol, huile d’eucalyptus citriodora) | 30 % à 40 % | 2 à 4 heures | D’origine végétale, odeur citronnée agréable. Déconseillé chez l’enfant de moins de 3 ans et la femme enceinte par principe de précaution. Renouvellement fréquent nécessaire. |
👶 Enfants et femmes enceintes : prudence renforcée
Chez l’enfant de moins de 2 ans, éviter le DEET et privilégier l’IR3535 (concentration maximale 20 %) ou l’icaridine (10 %). Ne pas appliquer sur les mains (risque d’ingestion) ni sur le visage. Chez la femme enceinte, l’ANSES recommande d’éviter le DEET et de privilégier les solutions mécaniques (moustiquaires, vêtements longs) ; si un répulsif est nécessaire, l’IR3535 à 20 % reste l’option la mieux tolérée.
❓ FAQ : VOS 5 QUESTIONS LES PLUS FRÉQUENTES
Quelle est la période la plus dangereuse pour le moustique tigre en France ?
La période d’activité maximale s’étend de mi-mai à fin octobre, avec un pic entre juin et septembre. Le moustique tigre a besoin de températures supérieures à 25 °C pour être pleinement actif, et il aime particulièrement les épisodes orageux de saison (qui remplissent les gîtes larvaires). La surveillance officielle ANSES est activée du 1er mai au 30 novembre sur les 81 départements colonisés.
Le moustique tigre pique-t-il la nuit ?
Non, c’est l’une des grandes différences avec le moustique commun (Culex pipiens). Le moustique tigre pique essentiellement en journée, avec deux pics nets : de 8h à 10h le matin, et de 17h à 19h en fin d’après-midi. Il évite le plein soleil de midi (trop chaud et trop sec) et est peu actif la nuit tombée. C’est précisément ce comportement diurne qui le rend si difficile à éviter en été, contrairement au moustique commun contre lequel une moustiquaire de lit suffit.
Les pièges à moustiques fonctionnent-ils vraiment ?
Les pièges à CO2 ou à phéromones ont une efficacité démontrée en zone urbaine, où ils peuvent réduire la population locale de moustiques tigres de 50 à 80 % selon les études terrain. Leur principe : diffuser un leurant attractif (CO2, chaleur, odeur) qui imite la respiration humaine, puis aspirer ou noyer les moustiques. Les modèles les plus performants coûtent entre 150 € et 350 €, mais il existe aussi des pièges DIY au seau à fermentation (feuilles mortes + eau + épluchures) qui présentent une efficacité correcte pour quelques euros. En zone très infestée, combiner plusieurs méthodes reste la meilleure approche.
Quel répulsif choisir pour un enfant de 3 ans ?
Pour un enfant de 3 ans, l’ANSES recommande d’éviter le DEET et de privilégier : l’IR3535 à 20 % (le mieux toléré) ou l’icaridine à 10-20 %. Le PMD est déconseillé avant 3 ans. Quelle que soit la molécule choisie, appliquez le répulsif uniquement sur les zones découvertes (pas sur le visage ni les mains), portez des vêtements longs amples et clairs, et installez une moustiquaire sur le lit si nécessaire. En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien ou pédiatre.
Comment signaler une invasion de moustiques tigres dans mon quartier ?
Le signalement est ouvert à tous les citoyens sur le portail officiel de l’ANSES : https://signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/. Il suffit de décrire la situation (lieu, nombre de moustiques observés, fréquence des piqûres, présence de gîtes larvaires suspectés) et de joindre une photo si possible. Les signalements sont transmis à l’ARS régionale et à l’opérateur de démoustication, qui peuvent déclencher une intervention ciblée (traitement, prospection, démoustication) sous 48 à 72 heures selon les cas.
✅ CONCLUSION : AGIR MAINTENANT, AVANT L’EXPLOSION ESTIVALE
Avec 81 départements colonisés, 84 % du territoire métropolitain touché et une saison de surveillance qui démarre ce 1er mai, le moustique tigre n’est plus un sujet régional mais bien un enjeu national de santé publique. La bonne nouvelle, c’est que les solutions efficaces existent et sont accessibles à tous : supprimer les gîtes larvaires reste la mesure numéro 1, suivie par la moustiquaire, les vêtements longs clairs et un répulsif adapté à votre situation.
Nous vous invitons à vérifier dès aujourd’hui si votre département figure dans la liste ANSES, à faire le tour de votre jardin pour supprimer les eaux stagnantes, et à signaler toute présence suspecte sur le portail officiel signalement-moustique.anses.fr. Et si cet article vous a été utile, partagez-le à vos voisins, votre famille et vos amis : plus nous serons nombreux à agir, moins le moustique tigre aura de prise sur nos étés.
🔗 À lire aussi : Pour compléter votre préparation à l’été 2026, retrouvez notre guide canicule et gestes essentiels, ainsi que tous nos conseils santé saisonniers mis à jour chaque semaine.









