Pendant quelques années, les puffs se sont imposés partout avec leurs petits formats, leurs parfums fruités, leur utilisation immédiate et leurs prix accessibles. Mais ce succès avait un revers. Derrière un objet qui se jette après quelques centaines de bouffées se trouvent une batterie, du plastique et différents composants électroniques difficiles à recycler. Le format mini a également suscité des inquiétudes concernant l’exposition des adolescents à la nicotine. Depuis le 26 février 2025, la France a donc fait le choix d’interdire la vente des dispositifs de vapotage à usage unique. Pour les consommateurs, cette nouvelle règle implique de revoir leurs habitudes.
Une interdiction bien plus précise qu’il n’y paraît
La loi du 24 février 2025 ne bannit pas toutes les cigarettes électroniques. Elle vise les dispositifs préremplis et qui ne peuvent pas être remplis à nouveau, qu’ils possèdent ou non une batterie rechargeable.
Ainsi, une cigarette électronique équipée d’une batterie rechargeable n’est pas automatiquement considérée comme une puff interdite. Le véritable critère est la possibilité de recharger le réservoir en e-liquide.
Ceux qui souhaitent conserver une vape compacte et simple, les puffs rechargeables, l’alternative qui monte représentent la solution à envisager.
Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils voulu agir ?
L’interdiction des puffs jetables a donc été instaurée afin de répondre à un enjeu environnemental et de santé publique.
Les puffs ont connu une forte diffusion chez les jeunes, alors même que la vente des produits de vapotage aux mineurs est interdite. Et c’est vrai que pour séduire les jeunes, les puffs avaient misé sur un marketing coloré, des parfums acidulés, la simplicité et des tarifs assez bas. Les autorités ont alors pris le problème de l’accès aux puffs par les adolescents à bras le corps, afin de réduire autant que possible l’attrait de ces produits auprès d’un public qui ne devrait pas commencer à consommer de la nicotine.
Les données disponibles montrent d’ailleurs que le vapotage concerne une part importante de la population adulte. En 2024, 7,9 % des 18-79 ans déclarent vapoter et 6,1 % le font quotidiennement. L’expérimentation d’une puff ou d’un dispositif jetable concerne 13,6 % des adultes, avec une proportion nettement plus élevée chez les 18-29 ans.
Et l’autre argument est environnemental, puisqu’une puff à usage unique concentre dans un petit objet une batterie, des composants électroniques, du plastique et des résidus de liquide. Une fois vide, l’ensemble devient un déchet difficile à traiter correctement.

Que choisir à la place d’une puff jetable ?
Pour les adultes qui vapotent déjà, le changement consiste surtout à changer ses habitudes de consommation pour un objet rechargeable plus écorepsonsable. Le fonctionnement, lui, reste quasiment identique à la puff jetable. Certains modèles disposent d’un réservoir que l’utilisateur remplit avec un e-liquide. D’autres utilisent des cartouches ou des pods remplaçables. Dans les deux cas, seule une partie du matériel est renouvelée lorsque le liquide est épuisé.
Cette transition demande toutefois un petit temps d’adaptation. Il faut penser à recharger la batterie, surveiller le niveau de liquide et, selon la puff réutilisable choisie, remplacer la résistance ou le pod. En contrepartie, un même appareil peut être utilisé beaucoup plus longtemps.
Mais la puff rechargeable n’est pas une cigarette complètement anodine
Le passage au rechargeable ne transforme pas la cigarette électronique en produit sain. Les autorités sanitaires rappellent que les produits du vapotage, avec ou sans nicotine, peuvent exposer à des substances toxiques et que les effets à long terme sont encore peu connus.
La nicotine pose en outre une question qui lui est propre puisqu’elle entraîne une dépendance, et ce quel que soit le taux journalier consommé. L’Anses souligne également que le vapotage augmente les complications cardiovasculaires et respiratoires, même si les connaissances actuelles sont trop récentes pour en mesurer les réelles conséquences sur la santé.
La disparition des puffs jetables marque donc plutôt la fin d’un type de dispositif de vape particulièrement simple à utiliser et conçu pour être jeté rapidement, par un modèle plus écologique et personnalisable.



