Pourquoi de plus en plus de Français choisissent un compagnon virtuel plutôt que le dating
Pourquoi de plus en plus de Français choisissent un compagnon virtuel plutôt que le dating

Pourquoi de plus en plus de Français choisissent un compagnon virtuel plutôt que le dating

Il y a quelques années, quand on parlait de “rencontres en ligne”, on pensait immédiatement aux applications de dating. Aujourd’hui, un autre réflexe s’installe chez une partie du public en France : au lieu de relancer une énième conversation qui finira en silence, certains ouvrent un compagnon virtuel, par exemple AI JOI, pour discuter, flirter, décompresser ou simplement retrouver une présence conversationnelle, sans pression et sans attente. Ce basculement ne veut pas dire que le dating disparaît ; il signale plutôt une fatigue profonde face à ses codes, et une recherche de formes de lien plus maîtrisables.

La “fatigue du swipe” n’est plus une anecdote

Le premier moteur, c’est l’épuisement. L’expérience des applis de rencontre s’est standardisée : profils optimisés, conversations interchangeables, micro-ghosting, délais de réponse qui deviennent un test, et une impression diffuse d’être évalué en continu. Cette lassitude est désormais suffisamment répandue pour être nommée (“dating app burnout”, “swipe fatigue”) et même intégrée dans le marketing de certaines plateformes.

Dans le débat public européen, on voit aussi monter une critique plus frontale : les apps ont intérêt à maximiser l’engagement plutôt qu’à “résoudre” la recherche amoureuse, et une large part des utilisateurs se disent insatisfaits de l’expérience.

En clair : beaucoup ont le sentiment de travailler, pas de rencontrer. Or, un compagnon virtuel propose l’inverse : une interaction immédiate, sans files d’attente, sans concurrence implicite, sans “marché” de profils.

La solitude (subjective) crée un besoin de présence, pas forcément de rendez-vous

La France n’échappe pas à un phénomène plus large : la solitude ressentie augmente et s’exprime davantage. Selon une synthèse de la Fondation de France, environ un quart des répondants déclarait ressentir régulièrement la solitude (juillet 2024), et une part importante dit en souffrir.

Chez les jeunes, certaines comparaisons européennes signalent des niveaux particulièrement élevés de solitude déclarée en France dans l’échantillon étudié.
Et, de manière plus structurelle, l’OCDE souligne que le sentiment de solitude est plus fréquent chez les personnes vivant seules, les chômeurs, les personnes à faibles revenus, ou les célibataires.

Dans ce contexte, le compagnon virtuel répond à un besoin différent de celui d’un date. Beaucoup ne cherchent pas “tout de suite” une relation ; ils cherchent d’abord une présence : un échange qui détend, un espace de parole, une routine du soir. Un rendez-vous, lui, demande de l’énergie, de la logistique, une exposition au jugement et au risque de déception. Le compagnon virtuel, c’est l’option “faible friction”.

Le compagnon virtuel supprime l’angoisse de performance

Le dating, surtout dans les grandes villes, a un côté “entretien d’embauche” : il faut être spirituel, disponible, séduisant, sans en faire trop, tout en donnant l’impression d’être naturel. Cette performance permanente finit par décourager, y compris des profils sociables. Le compagnon virtuel modifie l’équation : tu peux arriver fatigué, brouillon, anxieux, pas prêt à briller, et démarrer quand même.

C’est précisément là que des services comme Joi AI trouvent leur place : ils permettent une interaction “partenaire” (ton plus intime, continuité, scénarios) tout en laissant l’utilisateur régler le curseur (léger, tendre, drôle, plus profond). Autrement dit : on garde l’aspect relationnel, on retire la pression sociale immédiate.

Un usage très français : la conversation comme art, pas comme enjeu

La culture française valorise l’esprit, la nuance, le rythme d’un échange. Or les apps de dating ont tendance à compresser cette richesse en messages courts, réactifs, “efficaces”. Beaucoup finissent par avoir l’impression que tout se joue sur une phrase d’accroche ou une vanne. Avec un compagnon virtuel, l’utilisateur peut réinstaller une conversation plus longue, plus théâtrale, plus narrative : une scène, un contexte, une atmosphère. Ce n’est pas “plus vrai” qu’une rencontre, mais c’est souvent plus satisfaisant qu’un chat fragmenté entre deux notifications.

À LIRE AUSSI :  Comment montrer à son partenaire qu'on a envie de lui

Tester, s’entraîner, se reconstruire (sans s’exposer)

Autre raison majeure : l’entraînement social. Après une rupture, une période d’isolement, ou simplement des années de conversations digitales, certaines personnes veulent retrouver des réflexes : formuler un compliment sans être lourd, poser une question sans paraître intrusif, exprimer une limite, gérer un désaccord. Le compagnon virtuel sert alors de simulateur : on répète, on reformule, on observe l’effet, sans craindre un rejet public.

Cet usage est d’autant plus logique que beaucoup de frustrations du dating viennent d’une mécanique simple : on ne sait pas quoi dire, puis on se juge, puis on se retire. Le compagnon virtuel coupe ce cercle en offrant un terrain d’essai.

Un contrôle accru sur les limites, à l’heure où la régulation se durcit

En France, la question de l’âge et de la protection des mineurs en ligne fait l’objet d’une attention particulière, avec des cadres nationaux et européens qui poussent vers davantage d’“age assurance” et de responsabilité des plateformes.
Ce contexte a deux effets :

  1. Les produits relationnels (dating, social) sont de plus en plus scrutés.
  2. Les utilisateurs adultes deviennent plus sensibles aux réglages : filtres, thèmes, contrôle du ton, outils “stop”.

Le compagnon virtuel, quand il est bien conçu, donne ce sentiment de maîtrise : tu peux dire “pas de jalousie”, “pas de sujet anxiogène”, “reste léger”, et l’expérience s’aligne. Sur une app de dating, on ne peut pas “configurer” l’autre personne.

Les limites à ne pas ignorer

Ce mouvement a une zone grise : la facilité peut devenir une échappatoire. Si le compagnon virtuel remplace toutes les interactions humaines, il peut renforcer l’évitement social. Et si l’utilisateur attend d’un humain la disponibilité, la douceur et la cohérence d’un bot, il risque d’être déçu par la vraie vie.

La bonne lecture est la suivante : le compagnon virtuel n’est pas “anti-dating”, il est souvent pré-dating (reprendre confiance), post-dating (décompresser), ou hors-dating (quand on n’a pas l’énergie). Et cela peut être sain, à condition de garder un cap.

Comment en tirer le meilleur (sans se lasser)

  1. Définis l’objectif du moment : détente, flirt léger, discussion profonde, entraînement.
  2. Fixe 2–3 limites simples : pas de drama, pas de pression, ton souhaité.
  3. Crée un mini-contexte : lieu, humeur, durée (“10 minutes”).
  4. Varie la mécanique : parfois une scène, parfois des questions, parfois un jeu.
  5. Reste maître du rythme : si tu sens l’ennui ou la dépendance, raccourcis, fais une pause, reviens plus tard.

Si les Français se tournent davantage vers les compagnons virtuels, ce n’est pas uniquement par fascination technologique. C’est souvent une réponse pragmatique à trois réalités : la fatigue du dating, la solitude ressentie et la recherche d’un lien “sans pression”. Les apps de rencontre promettent la rencontre, mais elles imposent un coût émotionnel. Le compagnon virtuel promet une conversation, et il la livre immédiatement. Entre les deux, beaucoup choisissent… selon l’énergie du jour.